Les cours d'hygiène

Les cours d'hygiène
Durant deux jours consécutifs, les membres de médecins sans frontières, sont intervenus devant des groupes de réfugiés afin de les informer des maladies liées au manque d'hygiène. Ils leur ont également donné quelques conseils pour le quotidien.
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# Posté le lundi 08 janvier 2007 10:49

Modifié le jeudi 08 février 2007 02:37

L'hôpital

L'hôpital
Lorsque les médecins ont pris en charge les premiers enfants malnutris, l'information à circulé et les familles ont rapidement amené leurs enfants à l'hôpital.
La priorité a dès lors été d'augmenter la capacité de l'hôpital. Avec l'aide des membres de MSF nous avons monté deux tentes de 80 m2 et des tentes plus petites, mais également construit deux bâtiments pour disposer au total de 100 lits d'hospitalisation supplémentaires.
A chaque fois qu'un enfant vient consulter nous lui donnons une ration de nourriture à partager avec sa famille, composée de cinq kilos de CSB (un mélange de maïs et de soja enrichi de vitamines) et d'un litre d'huile. Il est invité à revenir trois jours plus tard pour vérifier son état. On estime qu'un enfant sur quatre est malnutri au sein du camp.

Ayant reçu seulement 4% des financements nécessaires pour l'action au Soudan, le PAM (Programme Alimentaire Mondial), le 28 avril 2006, a dû diviser par deux la ration alimentaire vitale donnée aux réfugiés. La ration est passée de 1050 calories journalière et par personne au lieu des 2100 calories (minimum vital).

# Posté le lundi 08 janvier 2007 11:25

Modifié le jeudi 08 février 2007 02:38

semaine 8

semaine 8
Désormais, certains visages nous sont familiers et nous avons eu la chance de pouvoir parler avec les réfugiés. Ibrahim traduisait pour nous les paroles de ces personnes.

Nous avons fait la rencontre de Samira, âgée de 40 ans, dans le centre de soins du camp. Elle était accompagnée de sa soeur, Mutera, et d'une amie, Asha. Elle semblait distraite, comme si ses pensées l'emmenaient loin de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Aussi lui avons-nous demandé la raison pour laquelle elle est venue à abshok.

“Je viens d'un très petit village du nom de Tasha, en Sharia du Nord.
Un matin très tôt, il y a un peu plus de deux ans, nous avons entendu des cris et des tirs venant de l'extérieur, devant notre tuku (maison).
Nous avons regardé dehors et avons aperçu des hommes en uniforme de police montant chevaux et chameaux. Ils incendiaient des maisons. Mon mari est alors sorti, tenant notre fils de cinq ans, Walid, dans ses bras. Il a immédiatement été la cible de plusieurs tirs dont un toucha Walid à la jambe.”

“J'étais terrorisée, mais mon fils était toujours vivant; je me suis alors précipitée pour le retirer des bras de son père mort. Puis, je me suis enfuie avec mes autres enfants. Le premier jour, nous sommes restés cachés dans les arbres. Nous étions conscients qu'il nous fallait continuer, mais nous ne savions pas où aller et Walid était blessé.”

“Mes enfants ne savaient pas ce qu'il se passait et ne cessaient de poser des questions. La seule possibilité qui me paraissait envisageable était de marcher jusque Nyala pour y chercher de l'aide. Nous nous sommes donc mis en route. J'ai marché trois jours durant, avec deux bébés sur le dos et Walid dans les bras. Ma soeur nous accompagnait et s'occupait du reste des enfants. J'ai appris par la suite que des amis avaient enterré mon mari.”
“Nous n'avions pas de nourriture et –pire encore- pas une goutte d'eau. Il était dur de continuer à marcher. Puis, des fermiers nous sont venus en aide. Je ne pleurais pas à ce moment-là. Mes yeux étaient secs et je ne ressentais rien. J'étais tout simplement épuisée.”
“À notre arrivée ici, on nous a amené à l'hôpital. À présent, mon fils est infirme – mais nous sommes bien vivants.”
Alors que Samira prononce ces derniers mots, des larmes commencent à couler sur ses joues.
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# Posté le lundi 08 janvier 2007 11:37

Modifié le jeudi 08 février 2007 02:40

Témoignages

Témoignages
« Pour les femmes violées du Darfour, rompons le silence »

Aziza a dix-sept ans. Elle ne sait pas encore si elle est enceinte mais elle sait qu'elle ne se mariera sans doute jamais.
Il y a un mois, alors qu'elle ramassait du bois avec six femmes, elle a été pourchassée par des cavaliers Janjawid. L'un d'eux l'a attrapée et l'a violée, après l'avoir mordue au bras et au cou pour la « marquer ».
Des histoires comme celle d'Aziza, il y en a des centaines, des milliers au Darfour où se déroule, en silence, le premier génocide du 21ème siècle. Femmes de tous âges et aussi fillettes, au Darfour et à présent au Tchad où se poursuit l'épuration ethnique des tribus noires africaines.
Dans les environs du camp de Kalma, le plus grand camp de réfugiés du monde, le nombre des agressions sexuelles est passé de 10 par mois à 10 par jour.



« Les forces gouvernementales et les Arabes sont arrivés ensemble à 8 heures du matin, quand les gens faisaient la prière. Certains étaient en voiture, d'autres allaient à cheval ou à dos de chameau. Les Janjawids portaient des uniformes de l'armée. Sans crier gare, ils se sont mis à brûler le village et à tirer sur les civils. Ils ont tué tous ceux qui étaient noirs. Voilà le programme : ils ne veulent pas de tribus noires dans cette région ».

Zeinab, 25 ans, et son mari, village de Miramta, 7 février 2004.

« Ils ont encerclé le village. J'étais caché dans l'herbe et j'entendais le commandant dire dans son téléphone satellite : “Nous sommes près du village numéro 1541. Nous avons trouvé les groupes d'autodéfense et nous les avons tués“. Ils ont tout brûlé, tout pillé. Ils ont brûlé toutes les mosquées qui n'étaient pas en briques. Les Janjawids ont pris les filles et les ont violées. Ils en ont violé treize ».
Jumaa, village de Gokur, 23 octobre 2003.

« Les Janjawids ont amené leurs chameaux dans le village et ils leur ont laissé manger tout le sorgho. Ils ont ensuite mis le feu aux maisons et m'ont tout volé, y compris mes 14 vaches. Les Janjawids criaient :“Tuez les Noubas ! Tuez les Noubas !“ Tout ça, c'est parce que nous sommes des Noirs. Nous pouvions nous défendre contre les nomades arabes, mais pas contre les Janjawids. Les forces gouvernementales leur ont donné de très bons fusils et prennent part à leurs attaques »

Idriss, 43 ans, village de Gozbeddine, 1er octobre 2003.(1)


«Soudain, les Janjawids nous ont attaqués [...] La majorité des filles ont réussi à s'échapper ; ma s½ur, ma cousine et moi avons été capturées [...] L'un des hommes m'a jetée à terre et, quand j'essayais de me débattre [...] un autre pointait son fusil contre ma tempe [...] J'ai été violée par quatre d'entre eux.»
Témoignage d'une jeune fille de seize ans

«C'était le huitième jour du Ramadan [le 30 septembre 2006] et nous étions huit – toutes à peu près du même âge, entre quinze et seize ans – à chercher du bois pour le feu [...] C'est alors que nous sommes tombées sur trois cavaliers vêtus de djellabas [...]. Ils nous ont menacées de leurs armes et nous ont insultées, nous traitant de Nawab [pluriel de Nouba, ou «Africains», utilisé comme insulte] en nous disant que la terre ne nous appartenait pas. Ils nous ont aussi frappées avec leurs cravaches et l'extrémité de leurs fusils. Ensuite, ils ont pris une des filles, l'un d'entre eux lui tenait les bras, l'autre les jambes et le troisième la violait, et ainsi chacun leur tour [...] Quatre d'entre nous seulement ont été violées.»
Témoignage d'une jeune fille dago

«Ils portaient des uniformes de l'armée et l'un deux avait une kalachnikov [...] Trois d'entre eux m'ont fouettée avec deux cravaches [...] Je n'ai rien dit, je ne pouvais pas crier. Ils m'ont violée tous les cinq. Je n'ai pas signalé le viol car c'étaient des soldats du gouvernement.»
Témoignage d'une femme

«Je ne peux pas porter plainte auprès de la police, car les policiers s'en prendraient encore plus à moi ; des Janjawids travaillent au sein de la police et certains policiers sont des Janjawids.»
Témoignage d'une jeune fille victime de viol,

«Certaines d'entre nous ont été violées devant tout le monde [...] Je me suis débattue [...] Ils m'ont frappée et ont décidé de me violer devant les autres [...] Plusieurs jeunes hommes ont essayé de nous protéger [...] Ils leur ont tiré dans les deux jambes [...] D'autres ont été pendus nus à un arbre.»
k,victime de viol

«Ils nous ont frappés et nous ont dit que nous, les Noirs, nous n'allions pas rester ici, qu'ils allaient tous nous éliminer. Ensuite, ils se sont emparés de ma demi-s½ur, qui n'avait que dix ans [...] J'ai vu deux d'entre eux coucher avec elle, puis ils sont partis. Quand nous sommes allés voir, elle était grièvement blessée et elle saignait. Elle a continué de perdre son sang pendant deux jours, puis elle est morte.»
Témoignage d'une femme déplacée sur une attaque

«Quand on essayait de s'enfuir ils tiraient sur des enfants. Ils ont violé des femmes ; j'ai vu plusieurs fois des Janjawid violer des femmes et des jeunes filles. Ils sont contents quand ils violent. Ils chantent et ils disent que nous ne sommes que des esclaves et qu'ils peuvent faire de nous ce qu'ils veulent.»
[align=right]A., trente-sept ans, originaire de Mukjar, a raconté à Amnesty International comment les Janjawid violaient et humiliaient les femmes

«Une jeune fille de dix-sept ans, M., a subi le même sort. Elle a été violée par six hommes devant sa mère, sur le pas de sa maison. Puis ils ont ligoté son frère, S., et l'ont jeté dans les flammes.»
Témoignage de H., un homme four de trente-cinq ans originaire de Mukjar.

«En juillet 2003, les Arabes ont violé M., quatorze ans, sur la place du marché, en menaçant d'abattre les témoins s'ils essayaient d'intervenir. Ils ont aussi violé d'autres jeunes filles dans la brousse.»
S., une femme Zaghawa de vingt-huit ans originaire de Habila.

« Ils ont attrapé K.M., âgée de douze ans, dehors. Son père a été tué par les Janjawid à Um Baru, les autres membres de la famille se sont enfuis et elle a été capturée par des Janjawid à cheval. Six personnes au moins l'ont utilisée comme épouse ; elle est restée plus de dix jours avec les Janjawid et les soldats. K., une autre femme, âgée de dix-huit ans et mariée, s'est enfuie mais a été capturée par les Janjawid qui ont tous couché avec elle à l'air libre. Elle est toujours avec eux. A., une enseignante, m'a raconté qu'après l'avoir violée, ils lui ont brisé une jambe.»
Témoignage de 60 ans un paysan de soixante-six ans de Um Baru,


«La première nuit j'ai été violée par cinq hommes, la deuxième nuit ils étaient trois. La troisième nuit j'ai réussi à m'enfuir avec l'une des femmes. Je ne sais pas ce qu'est devenue la troisième, la femme de I., qui était avec nous.»
K., âgée de vingt-trois ans.

«Ils ont égorgé mon unique enfant devant mes yeux. Je ne sais pas où est ma femme ni ce qui lui est arrivé. C'est grâce à la clémence de l'un des soldats que je n'ai pas été tué.»

I., le mari de la femme dont on est sans nouvelles, a trente-six ans. Son enfant de onze mois a été tué devant lui. Il a raconté que les Janjawid l'ont violemment frappé.

«En février 2004, j'ai abandonné ma maison à cause du conflit. J'ai rencontré six Arabes dans les fourrés, j'ai voulu attraper ma lance pour défendre ma famille ; ils m'ont menacé avec une arme et j'ai dû arrêter. Les six hommes ont violé ma fille, qui a vingt-cinq ans, devant moi-même, ma femme et les jeunes enfants.»
Témoignage de H., un homme originaire de Magarsa,


«Une femme, Zara, a été violée et maintenant elle est enceinte. Ça s'est passé à Kamu, quand ils sont venus avec de nombreuses voitures sur la route où nous nous enfuyions de Kornoy vers Tine.»

«Esclaves ! Noubas ! Avez-vous un Dieu Rompez le ramadan ! Même nous qui avons des peaux claires n'observons pas le ramadan. Et vous qui êtes noirs et laids, vous prétendez... Nous sommes votre Dieu ! Votre Dieu est omar al bashir.»
«Vous les Noirs, vous avez défiguré le pays ! Nous sommes venus vous brûler... Nous tuerons vos maris et vos fils et nous coucherons avec vous ! Vous serez nos femmes !»
un Janjawid.
Paroles rapportées pas S, réfugiés du camps d'abshok

# Posté le lundi 08 janvier 2007 11:48

Modifié le jeudi 08 février 2007 02:39

Le suivi psychologique

Le suivi psychologique
Quand on voit tous ces témoignages, on se rend compte que les gens sont profondément atteints psychologiquement par les horreurs des conflits. Les soins et les médicaments ne suffisent pas à guérir totalement ces personnes, il faut aller plus loin et apporter une aide psychologique au sein du camp. Peu d'organisation aujourd'hui s'occupe de ce problème, alors qu'il parait capital.

Solidarités propose des activités ludiques et pédagogiques pour les enfants comme guérison primaire des traumatismes liés au conflit. Nous avons donc participé une après-midi à ces activités avec les enfants. Ce fut très instructif et très enrichissant.
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# Posté le mercredi 10 janvier 2007 04:39

Modifié le jeudi 08 février 2007 02:40